Parcours du 41e R.I. (Rennes)

En 1914, le régiment fait partie de la 38e brigade, 19e division (général Bailly), 3e C.A. (général Defforges). A la mobilisation, il est commandé par le colonel Passaga.

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Rennes : caserne Saint- Georges
Collection privée
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Rennes : caserne Saint-Georges
Collection privée

5 août :

Le régiment embarque en trois échelons. Le convoi suit l’itinéraire Rennes, Sillé-le-Guillaume, Laigle, Evreux, Poissy, Creil, Compiègne, Soissons, Laon, Reims, Somme-Py, Vouziers, Vrizy-Vandy (3 km de Vouziers).

6 août :

Débarquement à Vrizy-Vandy. Le 1e bataillon est envoyé par Le Chêne et Beaumont vers la Meuse pour garder les ponts de la boucle de Pouilly, après une marche de nuit de 45 km.

Les autres bataillons cantonnent à Vandy, Vouziers et Vrizy.

7 - 8 août :

La 38e brigade se porte à ses cantonnements de concentration : Noirval, Châtillon-sur-Bar.

9 août :

Dans la nuit, une alerte a lieu aux issues de Belleville : une sentinelle a tiré sur une reconnaissance de cavalerie allemande.

A 11h, départ pour de nouveaux cantonnements : Les Alleux, Terron-sur-Aisne. Le 1e bataillon est toujours à Pouilly.

10 - 12 août :

Le régiment cantonne à Chimery et Neuville-le-Maire.

13 août :

Le 1e bataillon rejoint le régiment. Le cantonnement s’effectue à Villers-le-Tilleul, La Horgne. Le 2e bataillon est envoyé vers la Meuse garder les ponts de Flize et de Lumes.

14 - 15 août :

Sous une pluie torrentielle, le régiment rejoint les cantonnements de Saint-Pierre-sur-Vence, Champigneul et Mondigny.

16 août :

Le régiment marche vers le nord et va cantonner au Tremblay.

17 août :

41e R.I. entre en Belgique musique en tête, drapeau déployé et cantonne à Baileux. La douane belge pavoise

18 août :

La 38e brigade avec un groupe du 19e R.A.C. traverse le bois de Cerfontaine. Le mouvement est protégé par le 3e chasseurs à cheval et le 13e hussards. En fin de journée, le régiment cantonne à Cerfontaine.

19 août :

Le régiment marche de Philippeville sur Mettet et cantonne dans cette dernière localité.

20 août :

La brigade se rend à Fosse. Le 41e R.I. doit garder les passages depuis Ham-sur-Sambre jusqu’à Floreffe.

-  1e bataillon à Ham-sur-Sambre
-  2e bataillon à Mornimont
-  3e bataillon à Floreffe.

21 août :

Le 1e bataillon ouvre le feu sur le flanc des troupes allemandes qui défilent vers l’ouest. Un détachement qui essaie de franchir la Sambre est arrêté. Au milieu de la nuit parvient l’ordre de se rassembler à Fosse pour un engagement dans la direction d’Arsimont.

22 août :

La division est engagée face à Arsimont, à cheval sur la route Fosse - Arsimont. L’attaque principale est faite par les zouaves. Leurs bataillons éprouvent des pertes telles qu’ils sont obligés de s’arrêter puis de battre en retraite.

Le 2e bataillon du 41e R.I. est également lancé à l’attaque du village. Des sections de la 5e compagnie chargent dans les rues du village, des sections de la 6e compagnie perdent la direction et chargent avec les zouaves.

Vers 17h, le régiment bat en retraite. Le 1e bataillon creuse des tranchées sur l’éperon du Haut-Vent.

23 août :

A 04h, ordre est donné de continuer la retraite et vers 10h, le régiment arrive à Furnaux.

24 août :

A 0h, l’ordre est reçu de se replier vers Philippeville via Florennes. Le cantonnement a lieu à Aublain et Lompret.

25 août :

03h : ordre est donné de prendre les avant-postes sur la ligne Boussu-en-Fagne - Dailly - Aublain, mais à 15h, la retraite doit être poursuivie. Le régiment se replie alors sur Hour - Gérard.

26 août :

Le 41e R.I. doit repartir à 09h dans la direction de Hirson. L’arrivée au cantonnement de Buire a lieu vers 14h.

27 août :

La retraite recommence et le cantonnement a lieu à Bantigny.

28 août :

Le 10e C.A. se concentre dans la zone Vervins - Laigny - Marfontaine. Le cantonnement a lieu à Vervins et Fontaine-lès-Vervins.

29 août : bataille de Guise

La 19e division prend son dispositif de bataille :

-  1e ligne : 37e brigade au sud de Colonfay.
-  2e ligne à Richaumont et Sains-Richaumont.

A 9h, le 1e bataillon du 41e R.I. est immédiatement poussé pour couvrir une batterie, le 2e et 3e étant maintenus en réserve.

A 11h, la 37e brigade qui essaie d’enlever Colonfay est obligée de se retirer vers Sains. Le 70e R.I. tient tête à la contre-attaque allemande, progresse vers le nord mais des erreurs de réglage de l’artillerie française font pleuvoir des obus devant lui et il doit se replier sur la lisière nord de Richaumont.

18h : les 2e et 3e bataillons du 41e R.I. reçoivent l’ordre de se porter au nord de Richaumont pour s’opposer à l’avance des troupes allemandes.

Un avion allemand survole le régiment et lâche une fusée. Aussitôt, le 2e bataillon est soumis à un violent bombardement.

30 août :

Au petit jour, la brigade a l’ordre d’organiser une position de repli au sud et sud-est de Sains-Richaumont mais vers 11h parvient un ordre d’armée prescrivant une retraite générale vers le sud. La brigade doit retraiter vers La Chaussée - Housset. Le 41e R.I. assure la sécurité des cantonnements.

31 août :

A 06, le régiment se porte en formation de combat de Marle sur Goudelancourt. Des forces allemandes sont signalées à l’est de la route de Marle à Laon. Pour ne pas être coupé du reste de l’armée, le régiment se retire. Il traverse Sissonne pour se diriger vers Berry-au-Bac par La Maison Bleue et Berrieux. Là, il apprend que le pont de Berry-au-Bac est probablement aux mains des Allemands et il se dirige vers l’est pour franchir l’Aisne à Guignicourt.

1 septembre :

Le régiment arrive à Corroy-lès-Hermonville après avoir parcouru une étape de 60 km.

2 septembre :

Pour protéger le passage de la Vesle par le C.A., la brigade a l’ordre de tenir avec deux groupes du 19e R.A.C. les hauteurs du fort Saint-Thierry (près de Reims). C’est ainsi que le régiment est placé à 1 km au nord de Trigny, à la butte de Prouilly, à La Neuville et à Berméricourt. Comme aucune menace d’attaque n’est signalée, le régiment cantonne à Trigny.

3 septembre :

0h : l’ordre parvient de franchir la Vesle puis de barrer l’accès des ponts d’Epernay et de Cumières.

Vers 17h, les allemands attaquent sur Marfaux. Le 71e R.I. fusille les assaillants à petite distance et fait éprouver de grosses pertes aux Allemands Ceux-ci s’infiltrent toutefois dans les bois à l’est de Pourcy, rendant la position de la brigade dangereuse. Le général de brigade doit donner l’ordre de retraite vers Epernay.

4 septembre :

Le régiment franchit la Marne puis la marche continue par Chaltrait, Etoges et Congy où il cantonne.

5 septembre :

A 03h, le 41e R.I. quitte le cantonnement et la marche vers le sud continue jusqu’à Chichey.

Le général Rogerie est désigné pour prendre le commandement de la 20e division, le colonel Passaga prend le commandement provisoire de la brigade et le commandant Grobert celui du régiment. Le 41e R.I. traverse Sézanne puis cantonne aux Essarts.

6 septembre : début de l’offensive

A 03h, le régiment est rassemblé en formation aux Essarts. La 19e division a reçu l’ordre d’attaquer dans la direction générale Le Recoude - Soigny - Vauxchamps. L’avant-garde s’empare sans difficulté de la ferme Guébarré, traverse la forêt de Gault et s’arrête vers midi sur la ligne Le Recoude - Clos-le-Roi - Jouy. Le mouvement en avant est momentanément arrêté, le 1e C.A. n’ayant pas encore pu déboucher d’Esternay.

A 16h, les Allemands venant de l’ouest attaquent violemment la gauche du 70e R.I. à Jouy. Les deux compagnies qui occupent le hameau ne peuvent tenir sous le feu d’artillerie et d’infanterie et se retirent à travers bois. Petit à petit, le château Désiré et Le Recoude sont abandonnés par le 70e R.I. qui recule vers Clos-le-Roi.

Le mouvement de retraite est arrêté par le 1e bataillon du 41e R.I. qui prend position à cheval sur la route de Montmirail et tire vers Clos-le-Roi, empêchant les Allemands d’en déboucher. Le 2e bataillon du 41e R.I. est appelé en renfort et détache la 8e compagnie dans la forêt de Gault, les trois autres s’établissant à la ferme Le Guébarré.

7 septembre :

Les Allemands se sont retranchés dans le bois. Au petit jour, les 1e et 2e bataillons et la 9e compagnie de mitrailleuses ouvrent un feu d’enfilade sur les tranchées allemandes. Ceux qui ne réussissent pas à gagner les bois sont fauchés. A 10h, les occupants des tranchées se rendent : ce sont 200 hommes du 84e Infanterie-Regiment.

A 14h, la brigade se porte en avant et atteint par ses avant-gardes Le Recoude et le château de Désiré mais elle reçoit l’ordre de s’arrêter car le 1e C.A. avance difficilement vers Montmirail. Le régiment bivouaque à Clos-le-Roi.

8 septembre :

Ordre est donné de reprendre l’offensive vers Le Recoude - Boissy-le-repos - Fromentières. Les progrès de la division sont lents.

9 septembre :

L’offensive est reprise. La division traverse le Petit Morin à Boissy-le-Repos.

A 13h, la brigade reçoit l’ordre d’enlever Fromentières. Les Allemands sont chassés par l’artillerie française et battent en retraite vers Beaunay. La poursuite se fait dans la direction Les Déserts, Le Mesnil, Montmort. Le régiment cantonne à 22h à Le Mesnil.

10 septembre :

A 12h, les Allemands se retirent de tous les côtés. La brigade reçoit l’ordre d’accompagner le mouvement et de venir se rassembler près de Beaunay, puis elle cantonne à Etrechy.

11 septembre :

Le 10e C.A., qui a été mis pendant deux jours à la disposition du général Foch repasse à la Ve armée et revient à l’ouest de Montmort. La division doit franchir la Marne à Damery en passant par Saint-Martin d’Ablois. Les Allemands ont fait sauter le pont de Damery et la brigade doit attendre le lancement d’un pont provisoire.

12 septembre :

La 38e brigade franchit la Marne et va cantonner à Sermiers en passant par Nanteuil-la-Forêt. Le 41e R.I. doit tenir les passages du canal de la Vesle, de Reims jusqu’à Saint-Léonard, son gros à Cormontreuil. Comme la localité est occupée par les Allemands, le régiment cantonne à Trois-Puits. Le colonel Passaga reprend le commandement du régiment.

13 septembre :

A 06h, le 44e R.I. continue la poursuite via Cernay, Vitry-lès-Reims, Isles-sur-Suippe. La compagnie de tête est soumise au feu des batteries installées aux forts de Berru et Nogent-l’Abesse. Le lieutenant-colonel Passaga reprend le commandement de la 38e brigade.

14 septembre :

Même position

15 septembre :

05h : le régiment se met en marche sur Thillois (4 km à l’ouest de Reims)

A 14h30, départ pour Trigny via Prouilly. Le régiment cantonne à Trigny.

16 septembre :

04h : départ pour Hermonville, puis à 08h pour Roucy-lès-Hermonville. La route Marzilly - Hermonville est battue à une distance de 10 km par l’artillerie lourde allemande du fort de Brimont.

A 12h, la brigade doit se porter par Concevreux et Maizy sur Beaurieux où le régiment reste en place jusqu’à 22h.

Craonne doit être attaqué par le 2e bataillon, Chevreux par le 1e et Corbény par le 70e R.I.

A 22h, le régiment quitte Beaurieux par la ferme de Renty, le château des Blancs Sablons et la Tuilerie. L’attaque vers Craonnelle, qui aurait dû bénéficier de l’effet de surprise, est manquée Le 3e bataillon doit se retirer vers le bois de Beaumarais au sud de Craonne.

17 septembre :

Les 1e et 3e bataillons arrivent à Vassogne. Pendant trois heures, ils ont subi une canonnade violente au sud de Craonne.

A partir de cette date, le front va se stabiliser.